Communications

“Nous voulons tous améliorer l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap, l’innovation va nous y aider !”

Dans le cadre de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), Nathalie Smirnov, Directrice générale de la Croix-Rouge française a reçu la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées au Campus de Montrouge, le 17 novembre. Cette rencontre a été l’occasion de rappeler notre engagement en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap et notre capacité à imaginer de nouveaux modes d’accompagnement grâce à l’Accélérateur 21.

Lundi dernier, lors d’une table ronde organisée au Campus de Montrouge par Nathalie Smirnov et ses équipes, autour de la visite de Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées auprès de la ministre de la Santé, une auxiliaire de puériculture sourde et muette nous a partagé son quotidien : “J’ai effectué plusieurs stages avant d’arriver à la crèche des Explorateurs, et cette fois-ci, c’était la bonne : on m’a tout de suite fait confiance, on m’a aidée à m’intégrer, à trouver des solutions au quotidien, et j’ai pu m’épanouir dans mon travail et trouver ma place au sein de la structure”. Houria Ackermann, la directrice de la crèche Croix-Rouge française, ne tarit pas d’éloges à son égard, même si elle concède qu’il a fallu trouver au fur et à mesure des ajustements. “Dès qu’elle est arrivée, nous avons tout de suite apprécié son approche avec les enfants, elle se met au centre, face à eux, ne leur présente jamais son dos. Avec elle, les enfants crient moins, pleurent moins, s’expriment autrement, car ils ont très bien compris qu’elle ne les entendait pas. Mais c’était des journées épuisantes pour elle. Alors on a fait appel à Insufflo, un cabinet de consultants spécialisé dans l’accueil en entreprise des personnes sourdes, qui a fait un état des lieux de la situation et nous a proposé différentes solutions. Comme par exemple un “signaire” (ndlr : une sorte d’abécédaire de la langue des signes) pour qu’elle puisse communiquer plus facilement avec nous et faire les transmissions du matin et du soir avec les parents des enfants, comme n’importe laquelle d’entre nous.

Une démarche positive, optimiste et déterminée 

Cet exemple d’intégration réussie d’une employée porteuse de handicap fait la fierté de notre organisation et a suscité l’admiration de la ministre. Celle-ci souhaite justement que chacun adopte cette démarche “positive, optimiste et déterminée”. “Notre objectif est que chacun, quel que soit son handicap, puisse trouver sa place. Nous savons que beaucoup de partenariats et de bonnes énergies se mobilisent autour de ce sujet, il faut maintenant faciliter les rencontres et l’aboutissement des projets. Je pense que l’innovation est au cœur de la réussite de cette ambition, elle peut compenser certains freins que représente le handicap.

La présidente de l’association OETH (Objectif emploi pour les travailleurs handicapés), partenaire de 21, ne cache pas les difficultés rencontrées sur le terrain, mais ne boude pas non plus son plaisir de célébrer les réussites du programme : “Nous avons encore trop de salariés qui cachent leur handicap de peur d’être stigmatisés, mis de côté… Notre travail quotidien est de les rassurer en intégrant au mieux des nouveaux salariés porteurs de handicap. Plus on accompagne les employeurs, plus il y aura de recrutements. C’est notre mission.” Mission que l’OETH va désormais partager avec l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées). En effet, un nouveau conventionnement entre ces deux structures va permettre de pérenniser un accompagnement spécifique du handicap au travail pour les associations du secteur sanitaire, social et médico social.

Caroline Dekerle, la directrice de l’Agefiph, partage son analyse de la situation actuelle : “Les employeurs ne sont pas malveillants, mais plutôt démunis et ignorants. Un de nos rôles est de les accompagner sur cet objectif d’inclusion, de la PME à la grande structure, comme la Croix-Rouge française. Il y a beaucoup à faire, il faut porter un plan d’action structuré, former les managers … pour pouvoir essaimer ensuite au plus grand nombre.

La Croix-Rouge, un acteur clé de l’inclusion de longue date

Barbara Grizelj, DRHE (Directrice des ressources humaines et de l’engagement à la Croix-Rouge française), a elle aussi insisté sur l’engagement de longue date de la Croix-Rouge française en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap et la volonté stratégique de positionner l’association comme un acteur clé de l’emploi des personnes en situation de handicap. “Tout simplement parce que le maintien et l’inclusion des personnes porteuses de handicap s’intégrent dans notre lutte permanente contre la discrimination, et que nos principes d’humanité et d’impartialité nous y obligent. Nous sommes convaincus que la diversité est une source de croissance, et nous menons dans ce sens une politique volontariste et ambitieuse.

La Directrice générale a rappelé la place centrale dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap : “Notre filière dédiée accompagne chaque année plusieurs milliers de personnes au sein de 95 établissements, répartis sur tout le territoire. Nous développons de nombreuses initiatives qui montrent toutes que lorsque les acteurs se rassemblent, qu’ils mettent en commun leurs forces et leur expertise, les résultats sont au rendez-vous.”

Le défi est de taille. Aujourd’hui, en France, 520 000 personnes porteuses de handicap sont à la recherche d’un emploi, pourtant les entreprises peinent à recruter des candidats en situation de handicap. Benoît Fourati, responsable Diversité à la Croix-Rouge française, nous explique : “Notre organisation a décidé de former et animer des correspondants filière, de mettre en place des référents de proximité spécialisés sur le sujet, d’ouvrir ses établissements pour susciter des vocations, de mettre en ligne les annonces d’offres d’emploi sur handicap.fr … En bref, de multiplier les initiatives pour que les choses avancent.”

L’innovation pour soutenir 

Grâce à l’accélérateur d’innovation sociale 21, une trentaine de projets dédiés au handicap sont développés et soutenus financièrement.

C’est le cas de Coline Care (Héo Santé), cofondé par Mathilde Murzeau, une femme de 37 ans, qui a elle-même vécu une rupture dans sa carrière à 28 ans, à cause d’une maladie chronique. A cette époque, elle n’a pas trouvé d’interlocuteur qui la comprenne pour l’accompagner dans son retour au travail. Elle a alors décidé de créer sa propre société pour développer ce qu’on appelle la pair-aidance. Le principe ? Faire se rencontrer des personnes qui ont vécu ou qui vivent encore avec une maladie ou un handicap et des personnes ayant le même type d’expérience, afin de faciliter la compréhension des difficultés et de mieux les conseiller.

Pour la ministre, il est essentiel de combattre la peur d’être stigmatisé, mais aussi les craintes de l’entourage professionnel qui redoute parfois de faire des impairs ou d’être trop intrusif vis-à-vis du salarié. Elle conclut : “ Il faut envoyer un message clair à tous les salariés : si un jour vous êtes touchés par un accident de la vie, vous ne serez pas mis de côté”.

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